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Tendances par secteur

Traitement des règlement de sinistres : des solutions modernes pour le règlement des sinistres

- Lecture de 24 minutes

Le secteur français de l’assurance a révolutionné la manière dont les contrats sont souscrits, les canaux numériques représentant désormais la majorité des nouvelles souscriptions en matière d’assurance habitation et automobile. Des données récentes du marché indiquent qu’un peu plus de la moitié (environ 52 %) des contrats d’assurance habitation en France sont souscrits en ligne.

Les consommateurs peuvent comparer des devis, remplir des formulaires de souscription et bénéficier d’une couverture en quelques minutes grâce à des applications mobiles et des plateformes numériques. Pourtant, lorsqu’un sinistre survient, de nombreux assurés sont confrontés à un décalage déconcertant. Ce même assuré qui a souscrit son assurance habitation en moins de dix minutes peut encore devoir attendre plusieurs jours pour obtenir le règlement de son sinistre, après avoir souvent payé les frais de réparation de sa poche. 

Cet écart entre la gestion numérique des contrats et les méthodes obsolètes de règlement des sinistres crée des frictions au moment même où la satisfaction client est primordiale. Le traitement traditionnel des paiements engendre trois problèmes distincts : la frustration des clients face à des situations où ils doivent avancer les frais pendant trop longtemps, les risques de fraude liés à des dépenses non contrôlées et à la présentation de faux justificatifs, ainsi que les inefficacités opérationnelles dues aux processus de rapprochement manuels. 

Dans cet article, nous examinons comment les technologies modernes de traitement des paiements transforment le règlement des sinistres en assurance, en explorant les avantages opérationnels des méthodes de versement instantané, des contrôles de fraude renforcés et des processus de rapprochement rationalisés qui redéfinissent les attentes des assurés.

Index

 

L'évolution du traitement des paiements dans le secteur de l'assurance 

L'indemnisation des sinistres a longtemps reposé sur le chèque et le virement bancaire. Avec la modernisation de l'infrastructure de paiement européenne, le virement SEPA puis le virement SEPA instantané (SCT Inst) ont progressivement remplacé le chèque, réduisant significativement les délais. Le délai de remboursement d'un sinistre par virement SEPA classique se situe aujourd'hui entre 1 et 3 jours ouvrés, même si l'indemnisation instantanée reste rare chez la plupart des grands assureurs français.

Ces méthodes étaient adaptées tant que les attentes des assurés s'alignaient sur les standards bancaires classiques. L'essor des paiements instantanés a radicalement changé la donne. Les consommateurs utilisent aujourd'hui Lydia ou Wero pour des virements instantanés entre particuliers, Revolut pour des opérations de change en temps réel, Apple Pay ou Google Pay pour leurs achats du quotidien. Le contraste entre cette expérience numérique immédiate et plusieurs jours d'attente pour être indemnisé pèse directement sur les scores de satisfaction, au pire moment de la relation client. 

 Le règlement européen sur le virement instantané (IPR), entré en application en 2025, accentue cette tendance : il impose désormais aux prestataires de services de paiement de proposer le SCT Inst au même tarif qu'un virement SEPA standard. Le virement instantané devient la norme bancaire, ce qui élève d'autant les attentes des assurés sur l'indemnisation. 

Les modes de paiement traditionnels posent également des problèmes opérationnels qui dépassent la seule rapidité. Un virement bancaire, une fois émis, ne peut généralement plus être annulé si une fraude est détectée a posteriori. Virements comme chèques nécessitent un rapprochement manuel — associer chaque justificatif à son dossier de sinistre — qui mobilise les équipes financières et introduit un risque d'erreur. 

Côté réglementaire, la Directive Distribution Assurance (DDA) et les recommandations de l'ACPR sur le traitement des réclamations placent la qualité du parcours d'indemnisation au cœur des attentes du superviseur. Les assureurs qui maintiennent des processus de paiement lents, alors que leurs concurrents proposent un règlement instantané, s'exposent à un désavantage concurrentiel autant qu'à un risque de non-conformité aux exigences de juste valeur et de protection du client. 

Selon plusieurs études sectorielles (Deloitte, Accenture), la qualité du traitement des sinistres figure parmi les trois premiers motifs de résiliation en assurance auto et habitation. Cette pression concurrentielle s'intensifie avec la loi Hamon, qui permet de résilier son contrat à tout moment après un an d'engagement : un sinistre mal géré se traduit immédiatement par une perte client. 

 

Comprendre les technologies modernes de traitement des paiements 

La technologie des cartes virtuelles représente une refonte fondamentale du fonctionnement du règlement des sinistres. Depuis 2026, les solutions de paiement virtuelles et intégrées ont dépassé le simple cadre de l’émission de cartes autonomes pour s’étendre au financement des sinistres via des API, connectées aux systèmes centraux des assureurs grâce aux normes Open Banking et ISO 20022. Plutôt que de transférer des fonds sur le compte bancaire d’un assuré, les assureurs peuvent générer instantanément une carte Mastercard virtuelle dont les paramètres sont configurables et adaptés à chaque sinistre spécifique. 

Une carte virtuelle fonctionne comme une carte de paiement physique, mais n’existe que sous la forme d’un numéro de carte, d’une date d’expiration et d’un code de sécurité. Elle peut être ajoutée à des portefeuilles numériques tels qu’Apple Pay pour effectuer des paiements sans contact ou être utilisée pour des achats en ligne. La carte est émise instantanément via un portail sécurisé, et l’assuré reçoit les informations relatives à la carte par e-mail ou SMS quelques instants après l’approbation de la demande d’indemnisation. 

Ce qui distingue les cartes virtuelles dans le contexte de l’assurance, c’est leur configurabilité. Chaque carte peut être programmée avec des limites de dépenses spécifiques, adaptées aux circonstances de la demande d’indemnisation. 

Principales fonctionnalités des systèmes modernes de traitement des paiements 

Versement instantané – Les fonds sont disponibles dès l’approbation de la demande d’indemnisation, ce qui élimine les délais de prise en charge par l’assuré et permet un paiement immédiat aux prestataires de services. 

Filtrage par catégorie de commerçants – Des restrictions configurables garantissent que les cartes ne fonctionnent qu’auprès des types de commerçants concernés, empêchant ainsi toute dépense inappropriée hors du champ d’application de la demande d’indemnisation. 

Numéros de carte uniques par demande d’indemnisation – Mise en relation automatique des transactions avec des références de demande spécifiques, ce qui élimine le rapprochement manuel et améliore la précision financière. 

Intervention en temps réel - Possibilité de surveiller les transactions au fur et à mesure qu’elles se produisent et de bloquer instantanément les cartes si une activité suspecte est détectée, avant que la fraude ne s’aggrave. 

Financement rationalisé - Approche basée sur un fonds commun centralisé plutôt que sur le financement individuel des cartes, ce qui simplifie les processus opérationnels et réduit les frais administratifs. 

Émission de cartes à l’effigie de la marque - Cartes virtuelles personnalisables arborant l’image de marque de l’assureur, permettant de maintenir les points de contact avec le client tout au long du parcours de gestion des sinistres. 

Comment fonctionne l'émission instantanée de cartes virtuelles 

Lorsqu'une demande d'indemnisation pour une urgence domestique est acceptée, la procédure classique impose à l'assuré de régler directement le plombier d'urgence, de fournir un justificatif de paiement, puis d'attendre le remboursement. L'émission d'une carte virtuelle élimine cette contrainte grâce à un processus simplifié : 

  1. Le gestionnaire de sinistres approuve la demande d'indemnisation et détermine le montant d'indemnisation approprié
  2. L'agent génère instantanément une carte virtuelle via un portail, avec des limites de dépenses et des restrictions de commerçants préconfigurées
  3. L'assuré reçoit les coordonnées de la carte par SMS ou par e-mail en quelques instants
  4. Le paiement s'effectue instantanément via un portefeuille mobile sans contact ou une transaction sans présentation de la carte
  5. La transaction est automatiquement associée à la référence de la demande d'indemnisation pour le rapprochement, sans recoupement manuel

L'expérience passe de « vous serez remboursé dans un délai d'un à trois jours ouvrés » à « voici vos fonds, disponibles dès maintenant ». 

Les contrôles de dépenses configurables en pratique 

Les cartes virtuelles intègrent un filtrage par code de catégorie de commerçant (MCC), ce qui permet aux assureurs de limiter l'utilisation de la carte à certains types de commerçants. Une carte émise pour des interventions de plomberie d'urgence peut être configurée pour ne fonctionner qu'auprès de plombiers et de chauffagistes, de fournisseurs spécialisés et de services de dépannage d'urgence. Toute tentative d'utilisation dans des supermarchés, des stations-service ou chez des commerçants en ligne serait automatiquement refusée. 

Exemples de scénarios de réclamation:  

Type de demande 

Catégories de commerçants agréés 

Dépannage de plomberie d'urgence 

Plombiers, chauffagistes, fournisseurs spécialisés 

Réparation automobile 

Ateliers de réparation agréés, fournisseurs de pièces détachées, location de véhicules

Hébergement temporaire 

Hôtels, appartements avec services hôteliers 

Les plafonds de dépenses correspondent exactement aux montants des sinistres. Un sinistre évalué à 850 € pourrait donner lieu à la délivrance d’une carte dont le plafond correspond à ce montant, ce qui éviterait tout dépassement. Les durées de validité peuvent être définies en fonction des délais de prestation des services. Une carte d’urgence à domicile pourrait ainsi être valable 48 heures, tandis qu’une carte de réparation automobile pourrait l’être pendant sept jours afin de tenir compte des délais de commande des pièces et de prise de rendez-vous au garage. 

 

Comparaison des capacités de traitement des indemnités d'assurance 

Capacité 

Virement bancaire 

 Chèque 

Carte virtuelle

Délai de versement des fonds 

En général, 1 jour ouvré 

3 à 10 jours ouvrés 

Instantané 

Prévention de la fraude 

Détection après paiement uniquement 

Détection après paiement uniquement 

Commandes préconfigurées et intervention en temps réel 

Réconciliation 

Rapprochement manuel des pièces comptables 

Rapprochement manuel des pièces comptables 

 Automatique grâce à des numéros de carte uniques 

Expérience client 

Période de participation aux frais obligatoire 

Période de participation aux frais obligatoire 

Aide financière immédiate 

Rappel de paiement  

Difficile ou impossible

Difficile

Fonctionnalité de blocage immédiat de la carte 

Prise en charge des portefeuilles mobiles 

-

-

Oui (intégration d'Apple Pay) 

Visibilité des transactions 

Offre valable jusqu'à réception de la demande 

Offre valable jusqu'à réception de la demande 

Tableau de bord du portail en temps réel 

 

Les arguments économiques en faveur de la modernisation 

Les solutions modernes de traitement des paiements apportent des améliorations mesurables dans trois domaines opérationnels prioritaires : la satisfaction client, la prévention de la fraude et l'efficacité opérationnelle. 

Renforcer la satisfaction client et l'avantage concurrentiel 

L'expérience en matière de sinistres détermine la fidélité des clients plus que presque toute autre interaction. Le fait de devoir avancer les frais engendre un stress financier dans un moment déjà difficile. Prenons l'exemple d'un assuré confronté à l'éclatement d'une canalisation qui inonde sa cuisine et qui a besoin d'un plombier en urgence. Le plombier établit un devis de 850 € et exige un paiement immédiat. 

Avec le traitement traditionnel des sinistres, l’assuré doit payer de sa poche et attendre un à trois jours pour être remboursé, ce qui crée une pression sur sa trésorerie. L’émission instantanée d’une carte virtuelle transforme ce scénario. Le gestionnaire de sinistres approuve la demande d’indemnisation d’urgence et génère une carte virtuelle d’un montant de 850 € pendant qu’il est au téléphone avec l’assuré. Les détails de la carte lui parviennent par SMS en quelques instants. L’assuré ajoute la carte à Apple Pay et paie le plombier sans contact. 

La qualité du traitement des sinistres est directement liée aux taux de renouvellement et au Net Promoter Score. Les assurés qui bénéficient d’un règlement rapide et sans heurts de leurs sinistres affichent des taux de fidélisation nettement supérieurs à ceux qui sont confrontés à des retards et à des difficultés. 

Sur un marché de l’assurance de plus en plus banalisé, où les sites de comparaison des prix facilitent grandement le changement d’assureur, l’expérience en matière de gestion des sinistres constitue l’un des rares véritables leviers de différenciation. Un assureur qui met en avant le « règlement instantané des sinistres » se démarque clairement de ses concurrents qui continuent d’utiliser des méthodes de paiement traditionnelles. 

Renforcement de la sécurité et de la prévention de la fraude

Selon les chiffres publiés par l'ALFA (Agence pour la Lutte contre la Fraude à l'Assurance) et France Assureurs, la fraude détectée en assurance dommages dépasse les 500 millions d'euros par an, en progression continue. Si les fraudes à la souscription et les accidents simulés font l'objet d'une attention particulière, les fraudes au remboursement constituent une vulnérabilité persistante dans les processus traditionnels de traitement des sinistres. 

Vulnérabilités traditionnelles liées à la fraude :

Présentation de fausses factures : les assurés soumettent des factures falsifiées ou gonflées pour des services qui n’ont jamais été fournis, la fraude n’étant détectée qu’après le virement des fonds.
 
Dépenses non contrôlées : les virements bancaires peuvent être utilisés pour n’importe quel achat, quel que soit l’objet de la demande d’indemnisation, la vérification reposant entièrement sur la présentation des factures.
 
Détection a posteriori : la fraude n’est généralement découverte que plusieurs jours, voire plusieurs semaines, après que les fonds ont été dépensés, moment où il est difficile, voire impossible, de récupérer les sommes versées.

Le problème des faux justificatifs est très répandu et difficile à détecter. Même lorsque des justificatifs suspects sont identifiés, il s'avère difficile de récupérer les fonds obtenus frauduleusement. Le recouvrement nécessite des procédures judiciaires, des démarches de recouvrement de créances ou des radiations de créances qui permettent rarement de récupérer la totalité du montant. 

Contrôles anti-fraude axés sur la prévention :  

Les cartes virtuelles dotées de contrôles préconfigurés modifient radicalement cette dynamique de fraude. Plutôt que de détecter la fraude après coup, cette technologie empêche même qu'elle ne puisse se produire.

Filtrage par catégorie de commerçant - les cartes ne fonctionnent qu’auprès des types de commerçants concernés, et toute tentative d’utilisation en dehors des catégories approuvées est automatiquement refusée.

Limites de dépenses précises - les demandes d’indemnisation évaluées à 750 € donnent lieu à l’émission de cartes dotées exactement de cette limite, rendant ainsi tout dépassement de budget impossible.
 
Contrôles temporels - Les périodes de validité, alignées sur les délais de prestation de services, entraînent l’expiration automatique des cartes, empêchant ainsi toute utilisation abusive prolongée.
 
Surveillance en temps réel - Les tableaux de bord du portail offrent une visibilité immédiate sur les transactions et signalent les anomalies dès qu’elles se produisent.
 
Intervention instantanée - L’autorisation déléguée permet de bloquer immédiatement une carte si une activité suspecte est détectée, avant que la fraude ne s’aggrave.

 

Optimisation de l'efficacité opérationnelle 

Les processus manuels mobilisent des ressources qui pourraient être mieux utilisées ailleurs. Le processus traditionnel de règlement des sinistres comporte de nombreuses étapes : validation du sinistre, instruction de paiement, traitement du virement bancaire, collecte des justificatifs, vérification des justificatifs, mise en correspondance des transactions avec les dossiers de sinistre et rapprochement dans les systèmes financiers. 

Le défi du rapprochement 

Dans un service de gestion des sinistres traitant un volume important de dossiers, avec 500 règlements par jour, les équipes financières doivent, chaque mois, faire correspondre des milliers de justificatifs à leurs dossiers de sinistre respectifs. Ce processus de rapprochement comporte un risque d'erreur. Un justificatif peut être classé sous une référence de sinistre erronée. Les montants des transactions peuvent être enregistrés de manière incorrecte. 

Rapprochement automatique grâce à des numéros de carte uniques 

Les cartes virtuelles éliminent complètement ce processus de rapprochement manuel. Lorsqu’une carte est émise pour une demande de remboursement, chaque transaction effectuée avec cette carte est automatiquement associée à cette demande spécifique. Le système de gestion des demandes de remboursement reçoit des flux de données transactionnelles indiquant précisément ce qui a été acheté, où, quand et pour quelle demande. 

Ce rapprochement automatique permet de réaliser immédiatement des économies de main-d’œuvre. Les heures de travail auparavant consacrées au recoupement des reçus avec les dossiers de demande de remboursement sont supprimées. L’équipe financière reçoit des données de transaction propres, déjà classées par demande de remboursement, prêtes à être intégrées dans les systèmes de reporting financier. 

Considérations relatives à la mise en œuvre pour les assureurs français

La modernisation des infrastructures de paiement nécessite une planification minutieuse, une bonne connaissance du cadre réglementaire et une sélection rigoureuse des prestataires. 

Exigences en matière d'intégration 

Les plateformes de cartes virtuelles s'intègrent aux systèmes de gestion des demandes de remboursement existants grâce à des interfaces de programmation d'applications (API). La mise en œuvre suit généralement les étapes suivantes : 

  1. Configuration de l’environnement de développement: Examen de la documentation de l’API, mappage des champs de données, mise en place du protocole de sécurité
  2. Tests techniques: Vérification des flux de données, validation de la gestion des erreurs
  3. Tests d’acceptation par les utilisateurs: Essais menés par l’équipe chargée du traitement des demandes d’indemnisation dans un environnement contrôlé
  4. Déploiement pilote: Mise en service en production à échelle limitée pour certains types de demandes d’indemnisation
  5. Déploiement complet en production: Extension à l’ensemble des opérations de traitement des demandes d’indemnisation

Les délais prévus varient en fonction de la complexité du système. Une intégration simple avec un système moderne de gestion des sinistres peut être réalisée en seulement deux mois, formation des agents et développement d'un tableau de bord personnalisé compris.  

Contexte réglementaire et de conformité 

Principaux aspects réglementaires à prendre en compte 

Conformité au « DDA (Directive Distribution Assurance, 2018) » : la mise en œuvre du « DDA (Directive Distribution Assurance, 2018) » continue d’évoluer, la ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) publiant tout au long des années 2025 et 2026 des commentaires de surveillance et prenant des mesures coercitives concernant la qualité du traitement des réclamations, la juste valeur et le service client. Le règlement plus rapide des réclamations grâce à l’émission instantanée de cartes s’inscrit dans la lignée des attentes du « DDA (Directive Distribution Assurance, 2018) » en matière de juste valeur et de résultats positifs pour les clients. 

Obligations en matière de protection des données: L’émission de cartes virtuelles implique le traitement de données relatives aux cartes de paiement et d’informations personnelles. Le fournisseur de la plateforme doit démontrer sa conformité au RGPD, notamment par le biais d’accords de traitement des données, de mesures de sécurité et de politiques de conservation des données appropriées. 

Exigences d’agrément de la ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution): Les fournisseurs de plateformes doivent détenir les autorisations réglementaires appropriées pour les services de paiement. Les assureurs doivent vérifier le statut de ces agréments.

Pour obtenir des orientations réglementaires spécifiques concernant les services de paiement, les assureurs sont invités à se reporter directement au Manuel de la ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution), et plus particulièrement au guide intitulé « Services de paiement et monnaie électronique », disponible sur le site Internet de la ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution).

Éléments à prendre en compte dans la gestion du changement 

La réussite ou l'échec de la mise en œuvre d'une technologie dépend en grande partie de son adoption par les utilisateurs. Les équipes chargées des sinistres ont besoin d'une formation sur l'utilisation du portail, les options de configuration des cartes et les procédures à suivre pour répondre aux questions des assurés. 

Éléments du programme de formation : 

  • Navigation sur le portail technique : prise en main de l'interface, processus d'émission des cartes, tableaux de bord de suivi des transactions
  • Exercices basés sur des scénarios : analyse des types de sinistres, sélection des restrictions appropriées pour les commerçants, détermination de la période de validité
  • Compétences en communication avec la clientèle : explication du fonctionnement des cartes virtuelles aux assurés, instructions d'utilisation des portefeuilles mobiles, réassurance en matière de sécurité

Stratégie de déploiement par étapes :  

  • Phase 1 : Réparations urgentes à domicile – Le besoin d’un paiement immédiat est évident, les catégories de commerçants sont bien définies et les réparations peuvent être effectuées dans des délais relativement courts.
  • Phase 2 : Sinistres d’assurance automobile – Étendre le dispositif aux réparations de véhicules une fois que les équipes chargées des sinistres maîtrisent la technologie.
  • Phase 3 : Autres types de sinistres – Déployer le dispositif à l’ensemble des catégories de sinistres en s’appuyant sur les enseignements tirés.

Critères de sélection des fournisseurs  

Tous les fournisseurs de cartes virtuelles n’offrent pas les mêmes fonctionnalités. Les assureurs qui évaluent des partenaires potentiels doivent examiner les éléments suivants : 

  • Fonctionnalités spécifiques au secteur de l’assurance : portail conçu pour les processus de gestion des sinistres, filtrage par catégorie de commerçants avec des préréglages adaptés au secteur de l’assurance, périodes de validité configurables
  • Convivialité du portail : interface intuitive ne nécessitant qu’une formation minimale, visibilité en temps réel, blocage instantané des cartes, prise en charge des opérations en masse
  • Architecture de financement : modèle de financement allégé évitant la complexité liée au financement individuel des cartes
  • Sécurité et prévention de la fraude : surveillance des transactions en temps réel, contrôles des dépenses configurables, pistes d’audit complètes. Les fournisseurs doivent démontrer leur conformité à la norme ISO 27001 ou à la norme PCI DSS v4.0, conformément à la mise à jour des normes prévue pour 2025
  • Capacités d’intégration : API bien documentées, intégrations réussies avérées avec des systèmes de gestion des sinistres similaires
  • Assistance et niveaux de service : délais de réponse définis, procédures d’escalade claires, gestion de compte dédiée

 

L'avenir du traitement des paiements dans le secteur de l'assurance 

L’évolution des technologies de paiement laisse entrevoir plusieurs développements qui transformeront encore davantage le règlement des sinistres : 

Intégration de l’Open Finance – La ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution)DDA (Directive Distribution Assurance, 2018) étudie la possibilité d’étendre les principes de l’Open Banking aux cas d’utilisation dans le domaine de l’assurance, permettant ainsi la validation des sinistres et l’autorisation des paiements en temps réel via des API réglementées.

Détection de la fraude basée sur l’IA – Des algorithmes d’apprentissage automatique identifient les schémas de dépenses s’écartant du comportement habituel en matière de sinistres.

Évolution de la finance intégrée – Des fonctionnalités de paiement natives sont directement intégrées aux plateformes d’assurance, et les versements via API deviennent la norme.

Attentes en matière de règlement en temps réel – Le paiement instantané s’imposant comme la norme dans la banque de détail, la pression s’intensifie pour que le règlement des sinistres d’assurance soit tout aussi rapide.

 


"Les cartes virtuelles et la finance intégrée simplifient le processus de règlement des sinistres. Ces technologies permettent un accès immédiat aux fonds, éliminant ainsi les délais et réduisant les formalités administratives pour les assurés, tout en offrant aux assureurs une plus grande transparence et de meilleurs outils de prévention de la fraude."

 

 


Rehana Mitha

Directrice général
Edenred Payment Solutions


Les technologies de paiement qui constituaient autrefois un avantage concurrentiel deviendront une nécessité pour rester compétitives face à l'évolution des attentes des assurés. Les méthodes de paiement traditionnelles conserveront probablement des applications spécifiques, mais la part des sinistres réglés par ces méthodes diminuera vraisemblablement de façon constante.
 

 

Conclusion

Les technologies modernes de traitement des paiements répondent aux priorités opérationnelles essentielles à la réussite de la gestion des sinistres : satisfaction client, prévention de la fraude et efficacité opérationnelle. L’émission de cartes virtuelles apporte un soutien financier immédiat aux assurés en cas de difficultés, élimine les risques de fraude grâce à des contrôles de dépenses configurables et automatise les processus de rapprochement qui mobilisaient auparavant d’importantes ressources des équipes financières.

L’intérêt commercial dépasse le simple cadre des améliorations opérationnelles individuelles. Se différencier de la concurrence par une expérience client optimale en matière de sinistres influe sur les taux de fidélisation et le Net Promoter Score (NPS) dans un marché standardisé. Les exigences réglementaires liées à la responsabilité du consommateur portent une attention accrue aux résultats obtenus par les clients lors du traitement des sinistres.

La mise en œuvre nécessite une planification rigoureuse de l’intégration technique, de la conformité réglementaire et de la gestion du changement. Toutefois, des modèles d’intégration éprouvés et de nombreux déploiements réussis sur le marché de l’assurance fournissent des plans de mise en œuvre.

Les assureurs qui évaluent leur infrastructure de paiement des sinistres doivent comparer leurs processus actuels aux capacités modernes, en tenant compte non seulement des coûts de transaction, mais aussi du coût total des opérations, y compris le rapprochement manuel, les enquêtes sur la fraude et l’impact sur la satisfaction client.



 

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